Dans le conseil municipal, Bernard Barel, gardien du devoir de mémoire.

 

Quand Maurice Renault est venu frapper à sa porte pour lui demander de se présenter avec lui aux élections municipales de Saint Péran, Bernard fut très surpris : "Maurice vient me chercher, alors bien sûr je dis oui. Je pensais qu'on prendrait une veste et bien je suis le mieux élu du conseil ! souligne-t-il avec malice. Pourtant les gens ne me connaissaient pas, c'est peut-être pour cela qu'ils ont voté pour moi ? "

Bernard n'avait pas le temps de l'engagement social, en revanche il a pris des responsabilités syndicales, à la CGT. "J'ai été délégué du personnel et élus de CE. Je me suis particulièrement engagé au moment où on a subi un licenciement économique."

 

Bernard est une personne qui s'implique - dans sa vie professionnelle, dans sa vie personnelle, maintenant dans son mandat public. Quand il s'engage, il le fait à fond, avec bonhomie et aussi avec fierté, sans bouder le plaisir d'être reconnu. Il sait réinvestir ses expériences et Le Maire et ses collègues conseillers de Saint Péran ont bien perçu quelles responsabilités lui confier pour que la commune en profite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Etre à l'écoute de la population

Bernard a une conception claire de son rôle de conseiller municipal pour lequel il pense consacrer en moyenne 25 % de son temps, voire plus. " Il faut être à l'écoute de la population, enregistrer ce qu'on nous dit et aux réunions du conseil remonter les infos, dire ce qui va et ne va pas."  Au delà de l'écoute des habitants il faut aussi bien connaître et observer le territoire communal. " Avec ma femme on fait beaucoup de marche à pieds. Durant nos promenades je fais très attention à l'état de la voirie, des chemins, des fossés. On a l'oeil, on voit bien ! " Et Bernard ne se cantonne pas dans un rôle de porte parole et d'observateur : "On met la main  à la pâte. Si il y a un petit coup de main à donner pour des travaux, on le donne".

 

Bernard représente la commune au syndicat des eaux. Assainissement et réseaux de distribution de l'eau n'ont pas de secrets pour lui.  "Comme ancien des TP je suis bien placé. Je connais ça par cœur. D'ailleurs je vais voir comment travaillent les entreprises... Je prends mon mètre et je vérifie... Je peux donner des conseils."

 

Bernard s'est particulièrement donné mission de suivre "la campagne".  "Il faut veiller à ce que tout ne soit pas fait qu'au centre bourg." S'il s'intéresse à l'embellissement du centre de Saint-Péran, il laisse aux élus qui vivent là le soin de conduire le projet. Ses dossiers à lui ?  Les fossés, les bouches à incendie, les chemins de randonnée, la signalisation. Le maire lui a aussi confié le cimetière. " C'est une responsabilité importante de la municipalité. Il nous faut restaurer le monument au mort, gérer l'osseoire. Enfin on a décidé d'aménager un jardin pour les cendres..." Le cimetière c'est un équipement central de la vie de la commune.

 

Correspondant défense.

Mais la responsabilité dont Bernard est le plus fier, celle où il s'accomplit le plus, c'est celle de "correspondant défense". Chaque municipalité doit en nommer un. Il est relais de la politique et des responsabilité de l'état en matière de défense. "On a des réunions régulièrement à la Préfecture avec des généraux. La dernière fois on parlé de cyber sécurité, cyber criminalité, cyber défense". Bernard a beaucoup appris en la matière et il est revenu avec un dossier très complet et la conviction que l'informatique était entrain de tout changer.

 

Mais c'est la fonction de gardien du "devoir de mémoire" qui est l'objet de son investissement le plus concret. Tout au long de l'année il faut suivre scrupuleusement le calendrier des multiples commémorations républicaines et bien veiller au pavoisement de la mairie et du monument au mort. La seconde année de mandat sera marquée par un important évènement : la première commémoration du 5 Décembre des victimes des guerres d'Algérie et d'indochine. "Mon point d'honneur sera de faire figurer Saint-Péran comme une commune capable d'accueillir une grande cérémonie de mémoire". Mission accomplie pour le jeune paysan qui rêvait d'une carrière militaire glorieuse au service de son pays et a manqué de peu les derniers terrains d'opération de la France en voie de décolonisation.

Assis à la grande table de la cuisine-salle à manger dans sa jolie longère, Bernard a manifestement préparé l'entretien. Un pense bête dans les mains, des dossiers devant lui. Plus tard nous ferons le tour du propriétaire. Bernard est fier de l'aménagement de sa maison, à un kilomètre du centre bourg, en campagne précise-t-il, pour marquer la différence avec les élus du bourg.

 

Quand il a pris sa retraîte il y a dix ans, venant de Chavagne, ll s'est installé là avec son épouse. Elle était heureuse de le voir poser son sac après une vie professionnelle où il était beaucoup en déplacement. "Dans cette maison j'ai tout fait, même l'électricité, ça m'a beaucoup occupé les premières années " explique Bernard en montrant le résultat de ses travaux. En même temps le couple s'est beaucoup investi auprès des petits enfants que leur ont fait leurs deux enfants.

 

Forcé de rester à la ferme !

 

Bernard n'est pas Saint-Pérannais d'origine. Il vient d'à côté, Iffendic, où ses parents étaient agriculteurs. Mais il a suivi toute sa scolarité à l'école de Saint-Péran. "En 1950. On était plus de 150 élèves venant des communes alentours. Presque autant que d'habitants sur la commune alors." Il passe son certificat d'études à 14 ans et restera les dix années suivantes à la ferme pour aider son père puis prendre la suite. Ce n'est pas un bon souvenir ! "Dans ce temps là on

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

forçait les ainés à rester sur la ferme, regrette-t-il.  Ce n'était pas mon choix et aujourd'hui à la retraite je le paye

encore : il m'a manqué dix ans de cotisations." Son choix ? A 18 ans - las de l'enseignement agricole - il trouve un apprentissage de mécanicien, mais son père s'y oppose. Plus tard, après son service militaire à Mont de Marsan dans un bataillon de parachutiste, il rêve de s'engager. "J'aimais l'armée !" On verra que cet amour reste un de ses moteurs d'engagement d'élu. Mais son père ne le lâche pas. A 25 ans enfin libre de ses choix, il décide de vendre la petite exploitation laitière non rentable qu'il exploitait avec son épouse et le couple s'installe à Chavagne où il vivront jusqu'à la retraite de Bernard.

 

Une vie en déplacement

Sa carrière il la fait dans le BTP, comme chauffeur et conducteur d'engins, grâce à une formation à l'AFPA. Il n'arrête pas de travailler, mais la plupart du temps en contrats précaires. "A 25 ans, après 10 années à la ferme, j'ai vraiment commencé à gagner ma croute" constate-t-il avec une certaine amertume, vite dissipée par le sentiment d'avoir été un bon professionnel. Il a acquis une forte expérience reconnue par ses employeurs successifs dont l'ancien maire de Saint-Péran Loïck Richard,  qui fut un de ses derniers patrons. A chaque fois que possible il s'est formé et a développé des compétences techniques qu'il met à profit tant dans sa vie personnelle que dans son mandat d'élu. "J'étais beaucoup en déplacement. Les jeunes ne voulaient pas partir alors on envoyait les vieux". C'est pour cette raison qu'il ne s'est pas beaucoup impliqué dans la vie sociale et associative et son épouse restait souvent seule à la maison. "Quand je lui ai dit que je voulais être conseiller municipal elle a un peu protesté. J'allais à nouveau être toujours parti. Mais bon c'est autour de chez nous !"

 

Un portrait
tiré par Alain JAUNAULT
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